Association, Limoges, Patrimoine

Au sujet de la statue « Le Chêne et le Roseau »

Chene roseau evecheC’est acté : Le Chêne et le Roseau quitte Limoges.
Contrairement à ce qu’affirme Monsieur Allard, maire de Saint-Junien, de nombreux citoyens et associations de Limoges ont interpellé la municipalité depuis plusieurs années quant au sort de cette sculpture : dès 2013, l’un de nos membres écrivait à l’ancienne municipalité pour s’inquiéter de son devenir. La question des statues de Limoges – et précisément de Le Chêne et le Roseau – a été également posée en 2014 lorsque notre association a rencontré l’adjoint à la Culture de la ville, pour lui présenter un dossier thématique consacré au patrimoine communal. L’association Renaissance du Vieux Limoges est intervenue à plusieurs reprises dans la presse locale pour alerter l’opinion publique. L’écrivain Laurent Bourdelas également a écrit régulièrement des articles sur le petit patrimoine de Limoges, et notamment sur cette oeuvre d’Henri Coutheillas.

Enfin, notre association a fréquemment exprimé sur son blog et sur les réseaux sociaux le souhait de la voir revenir dans le paysage de Limoges. En 2016 elle a interpellé publiquement le maire de Limoges durant la réunion du comité de quartier Grand Centre à propos de cette sculpture. Au cours de cet échange, l’adjoint au maire nous a répondu, affirmant que les statues étaient «à l’abri dans l’attente de restauration», et ajoutant que des choix étant à faire, dans un premier temps était envisagée la restauration de la fontaine de l’Hôtel de Ville.

Le procédé utilisé par la mairie de Limoges interroge : donner une oeuvre représentative de la culture de Limoges à la Belle Epoque, appartenant donc à l’histoire de Limoges et de ses habitants sans leur consentement. Cela s’est déjà produit au début des années 2000 lorsque la municipalité de Limoges s’est débarrassée du buste de François Chénieux (oeuvre également d’Henri Coutheillas) aux profits de la clinique Chénieux. Oeuvre pourtant achetée par les habitants de Limoges par souscription, et aujourd’hui semble-t-il disparue… Il est dès lors concevable que la municipalité de Limoges se déleste à l’avenir à nouveau d’oeuvres d’art sous tel ou tel prétexte.

Le procédé utilisé par la mairie de Saint-Junien interroge également et ne nous semble pas moins scandaleux : recevoir cet objet en balayant les contestations d’habitants de Limoges par l’accusation de ne pas en avoir pris soin (« Il est dommage de constater que nul ne se souciait de cette statue remisée au “diable vauvert” sous le lierre et dans la boue, oubliée de tous, et qu’il a fallu que Saint-Junien s’en préoccupât en mémoire de Henri Coutheillas, pour procéder à sa restauration et lui rendre son intégrité « ). Cette affirmation nous semble particulièrement choquante : elle est insultante à l’égard de Limoges, elle laisse entendre que Limoges serait coupable de ne pas entretenir son petit patrimoine. Un argument qui ressemble étrangement à celui des grands musées occidentaux lorsque ceux-ci refusent de restituer à l’Egypte ou à la Grèce des oeuvres d’art prises à leur insu au XIXe siècle, sous le prétexte que ces pays ne seraient pas en mesure de conserver et d’entretenir ces pièces.

Si, monsieur Allard, les habitants de Limoges tiennent à leur patrimoine. D’ailleurs, beaucoup regrettent justement que les oeuvres d’art soient si peu nombreuses dans le paysage urbain. Limoges est une ville moyenne qui a suffisamment de ressources pour faire restaurer et conserver elle-même son patrimoine. Les 4000 euros nécessaires pour la restauration de Le Chêne et le Roseau peuvent être facilement trouvés.

Nous nous étonnons également grandement de constater qu’à aucun moment de la polémique l’ancienne équipe municipale ne monte au créneau pour justifier sa politique concernant le petit patrimoine et pour démentir les propos du maire de Saint-Junien. Où est passé Monsieur Rodet ?

La justification avancée par la mairie de Limoges nous pose enfin question : ce transfert serait le résultat d’une « collaboration territoriale » entre Limoges, Saint-Junien et Saint-Yrieix-la-Perche. Qu’est-ce que Limoges devrait donc recevoir en échange de cette opération, par principe de réciprocité ? En quoi Limoges serait-elle bénéficiaire de cette collaboration ?
En quoi également une collaboration autour du thème de la peinture justifie le déplacement de cette sculpture ? Enfin l’argument selon lequel Limoges devrait « jouer son rôle et manifester son engagement pour rendre visible le territoire de la haute-Aquitaine » ne nous semble pas clair. Quel rôle précisément ? Pour quelles actions ? Quel rapport avec la statue ?

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