Aménagement du territoire, Architecture, Association, Limoges, Mobilités

Réaction aux propos de M. Uhlen sur la piétonnisation du centre-ville

COMMUNIQUÉ DE PRESSE – 15 février 2016

mosaique - copie

Le 30 mars 2014, choisir l’alternance à Limoges n’était pas une chose évidente dans une ville de tradition socialiste. C’est dire combien de Limougeauds rejetaient le bilan du maire sortant Alain Rodet et une manière de diriger la ville. Un bilan auquel les habitants associaient l’état de leur cité : des artères pénétrantes dégradées, un commerce de proximité en hyper-centre à l’agonie, des quartiers tristes, un territoire sclérosé et sans réelle perspective.

Combien de Limougeauds ont donc accordé leur confiance à la liste « Aimons Limoges, choisissons l’alternance », sur la base des propos d’un Emile-Roger Lombertie déplorant dans une vidéo filmée place des Bancs l’état désastreux du centre-ville, proposant un programme qui allait redynamiser la ville, lui redonner une nouvelle vie, une nouvelle chance. On était en droit d’espérer du changement !

A la lecture de l’interview de M. Christian Uhlen, adjoint au maire en charge de la circulation, dans le Populaire du centre du 13 février 2016, la déception le dispute à la colère. 

Mais que disait le programme ?

Intitulé « Oui, l’alternance se fera avec vous tous ! », il promettait de « rendre l’hyper-centre aux piétons dans une zone délimitée par un périphérique intérieur, des accès demeurant conservés pour les commerçants, les livraisons et les riverains par des systèmes « pass » et des bornes amovibles ».

Que dit désormais l’actuelle municipalité, par la voix de Monsieur Uhlen ?

Elle affirme que la piétonnisation n’est plus d’actualité. Tout au plus, un effort pourrait être envisagé rue Saint Martial. Parce que « si on veut soutenir le commerce de proximité et du centre-ville, tout rendre piéton n’est pas la bonne solution ». Des villes telles que Tours, Troyes, Brest ou Bordeaux auraient-elles fait de mauvais choix ? Comme leurs commerçants doivent être malheureux ! Pourtant, des études et expériences multiples ont prouvé le rôle d’une piétonnisation progressive et ambitieuse dans la revitalisation urbaine (commerciale mais pas seulement !), pour peu qu’elle soit mûrement réfléchie à l’échelle de toute la ville et dans la concertation avec les riverains et commerçants. A Limoges, un tel projet était possible et souhaitable.

Les espaces qui ne bénéficieront pas des aménagements promis sont identifiés :

  • « Nous souhaitons conserver un accès facile et direct aux Halles centrales. La place des Bancs, dont l’accès est suffisamment dédié aux piétons, restera donc accessible aux véhicules ».
  • « Interdire l’accès aux voitures dans la rue Jean Jaurès créerait une grande avenue piétonne, mais cela impliquerait aussi des contraintes de circulation pour les transports en commun, notamment pour les trolleybus, gérés par l’Agglomération. »
    Pourtant, dans la plupart des villes de la taille de Limoges, des rues sont aménagées de telle manière que les piétons et les transports en commun cohabitent aisément.  Pourquoi cela ne serait-il pas possible dans notre ville ?

Un argument suscite chez nous un grand étonnement : « Il y a en centre-ville tout une population d’un certain âge, à mobilité réduite, qui apprécie l’utilisation de leur véhicule pour pouvoir faire leurs courses et s’approcher au plus près des magasins. La piétonnisation ne leur faciliterait pas la vie. Et, pour les commerces, cela serait dramatique ». Monsieur Uhlen devrait pourtant savoir que les personnes âgées sont peu nombreuses à utiliser l’automobile, à s’aventurer à faire des créneaux rue Jean Jaurès, et qu’elles préfèrent emprunter les transports en commun. En outre, la mise en place de micro-navettes gratuites dans cet espace pourrait permettre une bonne conciliation de la circulation des différents publics. 

Ces arguments surprenants – qui mettent en cause autant l’Agglomération que les personnes âgées – nous conduisent à demander à la municipalité d’où elle peut bien puiser ces arguments : d’un audit ? D’une étude ? D’une consultation populaire ? Où sont les preuves ?

Une simple promenade dans la rue Jean Jaurès permet de vérifier tous les « bienfaits » que le tout voiture peut apporter au commerce de proximité : les photographies de commerces en déshérence – toutes prises dans cette rue – que nous joignons au présent communiqué sont éloquentes.

Les propos de Monsieur Uhlen ont provoqué un légitime tollé dans le Populaire et sur Facebook. Nous invitons la municipalité à consulter ces commentaires et réactions. Que lui est-il reproché ? 

  • De ne pas respecter ses promesses, à l’heure où Limoges joue son avenir dans le cadre de la réforme territoriale : promesses d’embellir la ville et d’en valoriser activement le patrimoine, de sauver le commerce de proximité, de rendre Limoges dynamique, d’en faire un espace agréable à la promenade, de combler le retard accumulé par les anciennes majorités municipales.

  • De s’appuyer systématiquement sur le bilan de Monsieur Rodet – qui n’est pourtant plus au pouvoir depuis près de deux ans –, d’affirmer trop facilement que Limoges serait « une ville pauvre », et de ne pas tenir compte des aspirations de la population, qui lui a donné mandat pour appliquer un programme et dynamiser la ville. L’audace n’est pas qu’une question de moyens financiers ; elle est aussi et avant tout un idéal d’action et de gouvernance.

La majorité municipale doit comprendre que ces récriminations n’émanent pas d’un camp ou d’un mouvement partisan, mais bien d’un ensemble de citoyens qui attendent que les promesses engagées soient tenues et que soit menée une politique de la ville réellement porteuse de dynamisme et de développement.

La reconfiguration générale de l’espace urbain de l’hypercentre pourrait constituer un grand rendez-vous entre citoyens et élus, entre l’ensemble des acteurs de la ville, et donc matérialiser l’engagement du maire pour une « politique différente », celle d’une démocratie active, bénéfique et concrète.

Peut-on cesser à Limoges d’avoir peur, et aller de l’avant ensemble ?

L’association 55 citoyens pour Limoges

L’association « 55 citoyens pour Limoges » rappelle qu’elle a produit en 2015 un Dossier thématique avançant plusieurs propositions sur les déplacements urbains, notamment sur la piétonnisation (page 42) et sur la place de l’automobile (pages 50 à 53). Nous invitons chacun à le consulter sur notre blog.

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Alors qu’à Metz…
La rue Serpenoise dans les années 1970, et de nos jours.

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